UN JOUR, UN TEXTE # 267

JEUDI 29 JANVIER

AIR DE LA SOLITUDE (extrait)

Tout cela, j’aurais dû monter vers toi pour te le dire. Le chemin n’est pas si long qui nous sépare. […] Il faudrait être fort comme un arbre ; les yeux fermés sur sa force, les poings serrés, poser le pied sur ce rivage perfide, et franchir d’un bond, comme un sable mouvant, ce lieu où se mêlent l’être et le non-être. Oh ! peu de chose, il est vrai, suffirait à redonner courage : au bord de la route, la plante de pulmonaire rugueuse aux doigts comme de la milaine, une tache de froment victorieuse de la neige, ou même une seule gorgée de vent moins âpre… J’attends aussi ce sursaut intérieur qui vous soulève comme un vin, cette certitude d’un miraculeux Futur imprévisible…

Gustave ROUD (1897-1976)
Air de la solitude (1945), Fata Morgana, 1988

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