UN JOUR, UN TEXTE # 294

MERCREDI 25 FÉVRIER

L’ARBRE ET LE TEMPS (extrait)

Ayant pris possession de ses ombres,
le poète occupe un espace démesuré :
la transparence.

Cela fourmille dans l’opaque,
s’étamine à la pointe du Transparent…

Quel est ce lieu qui ne me parle pas,
Dont je ne sais rien dire
Sinon que je pressens à la place du coeur
Un gouffre, qui me fuit ?

Et quelle est cette voix, qui parle, au fond de moi,
Dans le sommeil et la chaleur d’une plus haute
Et plus profonde voix qui parle
Et que je n’entends pas ?

Qui d’autre que ma voix peut dire si je vis,
Si je rêve, ou si je doute avec elle ?
Parler n’est vivre,
Et vivre hors de ma voix m’est une double mort.

Roger GIROUX (1925-1974)
L’Arbre et le Temps, Mercure de France, 1964

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