UN JOUR, UN TEXTE # 296

VENDREDI 27 FÉVRIER

XX

L’aube je t’aime j’ai toute la nuit dans les veines
Toute la nuit je t’ai regardée
J’ai tout à deviner je suis sûr des ténèbres
Elles me donnent le pouvoir
De t’envelopper
De t’agiter désir de vivre
Au sein de mon immobilité
Le pouvoir de te révéler
De te libérer de te perdre
Flamme invisible dans le jour.

Si tu t’en vas la porte s’ouvre sur le jour
Si tu t’en vas la porte s’ouvre sur moi-même.

Paul ÉLUARD (1895-1952)
L’Amour la poésie (1929) in Capitale de la douleur, Gallimard, 1966

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