UN JOUR, UN TEXTE # 571

DIMANCHE 29 NOVEMBRE

DIXIÈME POÉSIE VERTICALE (extrait)

Il est des heures qui nous ouvrent les mains
et retournent comme un texte fané
la leçon fatiguée qu’est le monde.

L’initiative ne nous appartient pas.
Les choses se déprennent ou s’ouvrent
comme s’il y avait des ondes, des courants
ou des motifs
qui parcourent le temps et l’espace,
changent les situations,
corrigent les substances,
dépoussièrent des textures
et peut-être même inventent
de nouvelles manières de l’être,
des variations ou des échappements.

Et parmi tant de processus curieusement ambigus
non seulement nos mains s’ouvrent
comme de fertiles manœuvres,
mais parfois quelque chose se pose aussi sur elles,
comme pour se reposer un instant de l’abîme.

Roberto JUARROZ (1925-1995)
Dixième poésie verticale, José Corti, 2012
Traduit de l’espagnol par François-Michel Durazzo

[Texte découvert sur le site « Le Monde de Philomène », voir lien ci-dessous]
http://lemondephilomene.over-blog.com/

2 commentaires

    1. Il est en effet là le plaisir : dans le partage d’auteurs et de textes qu’on affectionne. Merci pour vos visites.

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