UN JOUR, UN TEXTE # 599

DIMANCHE 27 DÉCEMBRE

MÉLANCOLIE
À Domingo Bolivar

Frère, toi qui possèdes la lumière, dis-moi la mienne.
Je suis comme un aveugle. Je vais sans but et je marche à tâtons.
Je vais sous les tempêtes et les orages
Aveugle de rêve et fou d’harmonie..

Voilà mon mal, Rêver. La poésie
Est la camisole ferrée aux mille pointes sanguinaires
Que je porte en mon âme. Les épines sanglantes
Laissent tomber les gouttes de ma mélancolie.

Ainsi je vais, aveugle et fou, par ce monde amer ;
Parfois le chemin me semble interminable,
Et parfois si court…

Et dans ce vacillement entre courage et agonie,
Je porte le fardeau de peines que je supporte à peine.
N’entends-tu pas tomber les gouttes de ma mélancolie ?

Rubén DARÍO (1867-1916)
Azul, José Corti, 2012
Traduit de l’espagnol (Nicaragua) par Jean-Luc Lacarrière

[Texte découvert sur le site « Poezibao », voir lien ci-dessous]
http://poezibao.typepad.com/

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