UN JOUR, UN TEXTE # 625

VENDREDI 22 JANVIER

VERS POUR L’HIVER
(pour Ros Krauss)

Dis-toi
quand il fait froid et que la grisaille tombe de l’air
que tu continueras
de marcher, en entendant
le même air peu importe l’endroit où
tu te trouves –
à l’intérieur du dôme de l’obscurité
ou sous le blanc craquelé
du regard de la lune dans une vallée de neige.
Ce soir quand il commence à faire froid
dis-toi
que ce que tu sais n’est rien
d’autre que l’air que jouent tes os
quand tu continues de marcher. Et tu seras capable
pour une fois de te coucher sous le petit feu
des étoiles d’hiver.
Et si jamais tu ne peux pas
continuer ou revenir et que tu te trouves
là où tu seras à la fin,
dis-toi
dans ce dernier afflux du froid à travers tes membres
que tu aimes ce que tu es.

Mark STRAND (1934-2014)
The Late Hour, 1978
Poème inédit en français. Traduit de l’américain Cécile A. Holdban et Thierry Gillyboeuf

[Texte découvert sur le site « Recours au poème », voir lien ci-dessous]
http://www.recoursaupoeme.fr

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s