UN JOUR, UN TEXTE # 748

MARDI 24 MAI

LES CHEMINS DE JANUS (extrait)

Il n’avait pas changé d’image
mais son visage, à l’évidence, rayonnait.
La vie battait en lui comme elle bat, là-haut,
sous l’aile de l’oiseau.

Il s’estima même, au terme du voyage,
de mourir et renaître, d’être enfin, à la fois,
l’apprenti et le maître.

Alors, ce fut brutal.

Il me quitta d’un trait
comme si un alchimiste l’avait dans son creuset
affranchi de lui-même.

Hors du miroir de l’autre, des foules sans visage,
je me regardai naître et pus me reconnaître
sans le moindre reflet

Je m’étais cru désert et j’étais habité.

Pierre CORAN (né en 1934)
Les Chemins de Janus, Éditions M.E.O., 2012

[Source : lecture personnelle]

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