UN JOUR, UN TEXTE # 752

SAMEDI 28 MAI

LE FORÇAT INNOCENT (extrait)

Solitude au grand cœur encombré par des glaces,
Comment me pourrais-tu donner cette chaleur
Qui te manque et dont le regret nous embarrasse
Et vient nous faire peur?

Va-t’en, nous ne saurions rien faire l’un de l’autre,
Nous pourrions tout au plus échanger nos glaçons
Et rester un moment à les regarder fondre
Sous la sombre chaleur qui consume nos fronts.

Jules SUPERVIELLE (1884-1960)
Le Forçat innocent, 1930

[Source : lecture personnelle]

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