UN JOUR, UN TEXTE # 839

MARDI 23 AOÛT

MIDI

Je suis beaucoup plus seul
ici dans la lumière
que beaucoup d’exilés
Les exilés ont tous
quelque part sur la terre
un lieu cher et blessé
qu’ils peuvent retrouver.
Et leur mélancolie
se nourrit de ce vin
qui sait les faire chanter.
Je n’ai pas de patrie
Je suis une blessure
solitaire et jamais
ne cesse de saigner
Si loin qu’il s’en souvienne
l’exilé dans sa peine
a toujours a l’esprit
son peuple et ses fontaines.
Je n’ai pas de fontaine
et je n’ai pas de peuple.
Je suis une eau qui court
et cherche dans la nuit
à devenir fontaine
fontaine en plein midi
où les oiseaux pourraient
venir se restaurer
tout près des ouvriers
qui taillent dans leur pain
des morceaux réguliers.

Georges HALDAS (1917-2010)
Poésie complète, L’Âge d’Homme, 2000

[Source : lecture personnelle]

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s