UN JOUR, UN TEXTE # 909

LUNDI 31 OCTOBRE

Parfois surgit l’âpre désir
de desserrer les doigts, d’ouvrir
la main qui nous retient à l’arbre de lumière,
de lâcher prise.
Parfois dans l’âme prisonnière
monte l’appel des gouffres
et le très bas murmure
des voix défuntes dans la brume.
Ce qui soudain occulte le soleil
est une main géante,
l’ombre d’une ombre
et d’un corps invisible.
On tomberait alors sans plus d’espoir d’une aile
vers des pays profonds,
des rives de silence
où des spectres aimés
tissent des gestes éternels.
Et là, le feu s’étant renié, on glisserait
dans la tendresse obscure de la terre.

Pourtant ce qui nous tient
est une main d’enfant,
un livre ouvert,
l’aurore d’une voix.

Jean JOUBERT (1928-2015)
État d’urgence, Fin de siècle, Editinter, 2008

[Texte découvert sur le site « La pierre et le sel », voir le lien ci-dessous]
http://pierresel.typepad.fr/la-pierre-et-le-sel/2013/03/jean-joubert-un-po%C3%A8te-aux-deux-rives.html

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