UN JOUR, UN TEXTE # 998

SAMEDI 28 JANVIER

BONJOUR, PAUVRE VISAGE

(…)

2

Le métier d’être :
on ne voulait pas l’apprendre.
On ne se voyait pas
emportés par le fleuve du Devenir.
Ni menacés par les tourbillons
de la perte.
Mais sont venus
les fantômes au milieu
des rires et des flots.

On ne se voyait pas
dépossédés par le fleuve de la Naissance.
Ni emprisonnés par un lieu
inexistant.
Mais sont venus
les symboles au milieu
des cris et des blessures.

Le métier d’être :
il est toujours inachevé.
C’est pour donner un visage
à tous nos regards perdus.
C’est pour se rejoindre, un jour,
au bord de l’infini,
au bout de nos métamorphoses.

Alain SUIED (1951-2008)
Texte publié dans La Revue improbable, N°22, Septembre 2002

[Texte découvert sur le site « Esprits Nomades », voir le lien ci-dessous]
http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/suied/alainsuied.html#3

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