UN JOUR, UN TEXTE # 1180

SAMEDI 29 JUILLET

PSAUME

J’ose t’invoquer dans cette Europe aveugle
éreintée par la chaleur et par la sécheresse
rongée par les déluges et les éboulements,
continent de cendre et de purins
dont Rien et Hypermarchés
sont les souverains incontestés.

J’ose t’invoquer, j’ose espérer, ô Poésie.

Sans être ni David ni Salomon
sans posséder ni Bethsabée ni la Sulamite
et sans connaître le langage
des éperviers ni celui des fourmis
je t’invoque, reviens
reviens comme un mai
lumineux-sauvage
et comme le premier rayon
souffle blanchissant
de l’aube.

Reviens, reviens.
Reviens: forêts, âmes, cathédrales.
Reviens: bleus jardins orientaux.
Reviens, reviens
Vierge, Vénus, Afrique.

Tu ne seras plus la même
tu migreras, tu changeras
et nous, nous ne te verrons pas
pas plus que Moïse n’a vu la Terre Promise.

Mais reviens, reviens, ô Poésie.
J’ose t’invoquer, j’ose espérer.
Assis sur la rive du torrent asséché j’attends
Et parmi les ruines je chante encore.

Giuseppe CONTE (né en 1945)
Texte publié dans l’anthologie Une salve d’avenir. L’espoir, Gallimard, 2004
Traduit de l’italien par Moussia Barnaud

[Texte découvert sur le site « le PRINTEMPS des POÈTES », voir le lien ci-dessous]
http://www.printempsdespoetes.com/index.php?url=passeurs/fiche.php&cle=16

 

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