UN JOUR, UN TEXTE # 1186

VENDREDI 4 AOÛT

Quelques visages demeurent
comme reflets sur l’eau
de ceux qui vers nous jadis
se penchèrent,
pour nous parler, pour chercher dans nos yeux
un accord, une promesse

– si clairs, si nets
que l’on s’étonne
de ce ciel vide entre les arbres
et, sur le pont,
de la seule poussière.

D’autres encore tremblent par temps de brume,
se brouillent, se disloquent,
insaisissables presque :
ombres d’ombres pour nos regards.

Et tant d’autres nous abandonnent,
mêlés, sans nom, au plus noir de la terre.
Pour eux nous n’avons plus ni lampe ni mémoire.

Jean JOUBERT (1928-2015)
État d’urgence, Fin de siècle, Editinter, 2008

[Texte découvert sur le site « La pierre et le sel », voir le lien ci-dessous]
http://pierresel.typepad.fr/la-pierre-et-le-sel/2013/03/jean-joubert-un-po%C3%A8te-aux-deux-rives.html

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