UN JOUR, UN TEXTE # 1188

DIMANCHE 6 AOÛT

L’INFINI

J’ai toujours aimé cette colline à l’écart
Et cette haie qui de tous côtés
Cache la vue de l’horizon lointain.
Mais m’assoyant et méditant, je m’invente
Par la pensée d’interminables espaces
Au-delà, et de surhumains silences,
Et une très profonde paix ; où pour un peu
Mon cœur s’effraierait. Et comme j’entends
Frémir le vent dans ce feuillage,
Je me mets à comparer à sa voix
Ce silence infini ; et je me rappelle
L’éternité, et les saisons mortes, et celle-ci,
Présente, et vive, et bruissante. Ainsi
Dans cette immensité sombre ma pensée
Et m’abîmer m’est doux dans cette mer.

Giacomo LEOPARDI (1798-1837)
Poème écrit en 1819 et figurant dans le recueil Canti paru en 1835
Traduit de l’italien par Robert Melançon pour la revue Contre-jour (N°12, printemps 2007)

[Texte découvert sur le site de la revue « érudit », voir le lien ci-dessous]
https://www.erudit.org/fr/revues/cj/2007-n12-cj1004417/421ac.pdf

La version originale :

L’INFINITO

Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
E questa siepe, che da tanta parte
Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
Ma sedendo e mirando, interminati
Spazi di là da quella, e sovrumani
Silenzi, e profondissima quiete
Io nel pensier mi fingo; ove per poco
Il cor non si spaura. E come il vento
Odo stormir tra queste piante, io quello
Infinito silenzio a questa voce
Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
E le morte stagioni, e la presente
E viva, e il suon di lei. Così tra questa
Immensità s’annega il pensier mio;
E il naufragar m’è dolce in questo mare.

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