UN JOUR, UN TEXTE # 1267

MARDI 24 OCTOBRE 2017

PREMIÈRE NUIT BLANCHE

J’écoute le silence ou la tempête et c’est la même
Lente explosion qui remonte depuis les racines de
Mes mains mes pierres depuis les doigts du temps
J’écoute ce battement de toi qui demeure au-delà
De tous ces cris offerts à l’épouvante qui demeure
Comme cette basse de viole sous le chant le hante
Et je me demande ce que nous aurions vécu quelle
Ivresse nous aurions portée dans nos bras quel feu
Quel verso de ce moulin qui me réduit à t’imaginer
Comme on mange son poing de rage et la tempête
Dans la bouche je me demande où tu m’attends où
Tu griffes les murs ces longs doigts qui tremblaient
Un peu la première fois que tu as posé ta main sur
Moi je ne savais plus le chaud et l’effroi quand nue
Sur mes cils nue sur mes paumes nue sur mon dos
Quand tu m’as donné nue ta peau la plus indécente
Et ce vent dans mes voiles tes seins alizés comme
Des champs comme la foi monte des chevilles des
Jambes ouvertes comme on se damne Oh madame
Je n’ai jamais rien cru d’aussi soleil et chahut dans
Mon sang mes lèvres Mais jusqu’où serions-nous
Allés

Alain DUAULT (né en 1948)
Où vont nos nuits perdues, Gallimard, 2002

[Source : lecture personnelle]

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