UN JOUR, UN TEXTE # 1268

MERCREDI 25 OCTOBRE 2017

LABYRINTHE

Il n’y a pas de porte. Tu y es
Et le château embrasse l’univers
Il ne contient ni avers ni revers
Ni mur extérieur ni centre secret.
N’attends pas de la rigueur du chemin
Qui, obstiné, bifurque dans un autre,
Qui, obstiné, bifurque dans un autre,
Qu’il ait une fin. De fer est ton destin
Comme ton juge. N’attends pas l’assaut
Du taureau qui est homme et dont, plurielle,
L’étrange forme est l’horreur du réseau
D’interminable pierre qui s’emmêle.
Il n’existe pas. N’attends rien. Ni cette
Bête au noir crépuscule qui te guette.

Jorge Luis BORGES (1899-1986)
in La Proximité de la mer (Une anthologie de 99 poèmes), Gallimard, 2010
Traduit de l’espagnol par Jacques Ancet

[Texte découvert sur le site « Babelio », voir le lien ci-dessous]
http://www.babelio.com

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