UN JOUR, UN TEXTE # 1271

SAMEDI 28 OCTOBRE 2017

RIEN NE COMMENCE NI S’ACHÈVE

Rien ne commence ni s’achève
Le temps est un enfant perdu
Il est tout à la fois le géant et le nain
Vagabond déroulant un rouleau de chemin
Et chacun trime en soi tout empêtré de rêves

Dans le labyrinthe des nues

Athlètes terrassés par le lasso des rides
Soldats frappés debout et morts les yeux ouverts
Dans vos cœurs à l’envers par la vie désertés

S’inscrivent les éphémérides
A l’encre noire du passé

A quoi sert de lorgner le ciel
La scène se déroule dans un théâtre vide
Et l’ange Gabriel dort au creux d’un missel
Impuissant et placide sur une image d’or

Ni le feu ni l’amour le pauvre amour des hommes
Ne peuvent émouvoir le cœur du magicien
Vous aurez beau frapper ne répondra personne

je le sais j’en reviens

Jean-Pierre ROSNAY (1926-2009)
Comme un bateau prend la mer, Gallimard, 1956

[Source : lecture personnelle]

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