UN JOUR, UN TEXTE # 1351

MARDI 16 JANVIER 2018

MON TENDRE

Ami,

Te dire que tout nous est permis, que nous ignorons la peur et que la bénédiction ne nous quittera pas.
Te dire que la folie demeurera toujours belle, parce que nous serons détachés de tout, y compris de nous-mêmes.
Moi, je mourrai très jeune.
Tu me survivras, afin d’éviter la tristesse.
Tes caresses et tes regards, je les emporterai partout.
Je n’oublierai que tes paroles, afin que chaque mot que tu me portes reste le premier.
Les paradoxes et les errances seront nos pains quotidiens.
La seule sûreté à laquelle nous aurons droit sera celle de nos bras écartés, de nos corps quelquefois enlacés.
Nous aurons tous les droits. Même celui de nous oublier; nous ne nous désapprendrons jamais.
Si l’un pleure, l’autre sera grave et silencieux.
S‘il rit, nous serons bêtement heureux.
Nous ne serons pas deux, nous serons mille et constamment de passage.
Calmes comme des récidivistes, agités comme des voleurs, muets comme des assassins.

Dieu que je t’aimerai.

Geneviève DESROSIERS (1970-1996)
Nombreux seront nos ennemis, L’Oie de Cravan, 2006

[Texte découvert sur le site « Les quatre saisons » de Jean Provencher, voir le lien ci-dessous]
http://jeanprovencher.com/2015/05/12/un-mot-damour-echappe-dans-un-grand-cri/

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s