UN JOUR, UN TEXTE # 1540

MARDI 24 JUILLET 2018

LE GRAND VENEUR

de grands châteaux fermés habitent notre corps
et j’ai peuplé mes yeux de l’agonie du monde
mon sang fait eau tout se déchire sous mon visage
et je m’attends à tout ce qui n’arrive pas

des hommes pourrissaient dans les réserves bleues
et j’apprenais le sang dans les premières cendres
j’ai même écartelé le gardien des visages
pour conduire sur la lande des battues d’équinoxe

l’aile a perdu l’oiseau et j’ai repris ma mort
j’ai dépeuplé mon corps brûlé jusqu’à l’obscur
l’aveugle à son miroir cherchait la nuit des temps

à défaut de visage je déplace le silence
égaré dans les coups j’ai pris soudain l’averse
et les mains de l’aveugle bien plus nues que les nôtres

Tristan CABRAL (né en 1944)
Le Passeur de silence, La Découverte, 1986

[Source : lecture personnelle]

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s