UN JOUR, UN TEXTE # 1635

VENDREDI 26 OCTOBRE 2018

DANS UNE VILLE OÙ RIEN N’EXISTE

Dans une ville où rien n’existe et où tout se crée perpétuellement sans jamais nous laisser un seul instant de repos nous ne sommes vraiment que les instruments d’une force qui anime et qui démembre ces murs

Il n’y a pas de conjonction pour ceux qui traversent l’espace et le temps ne fut inventé que pour nous transformer en barbares

Pas une minute d’arrêt mais le tumulte l’angoisse et cette immense lueur qui nous brûle avec nos désirs

Une fenêtre s’ouvre un homme se penche et jette un cri qui serait comme le hoquet de ces murailles sans regard. Demain le soleil éclairera ces myriades de
ruines immobiles. Demain à l’aube nous dormirons encore parmi ces pierres cadavres émasculés par le sommeil ou squelettes agités déjà par l’inutile certitude.

Jacques PREVEL (1916-1951)
De colère et de haine, Éditions du Lion, 1950

[Texte découvert sur le site « Un Jour, Un Poème », voir le lien ci-dessous]
http://www.unjourunpoeme.fr/auteurs/prevel-jacques

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