UN JOUR, UN TEXTE # 1756

DIMANCHE 24 FÉVRIER 2019

SONNET 57

Ils mentent en disant que j’ai perdu la lune,
en me prophétisant un avenir de sable,
et que n’ont-ils pas dit avec leur langue froide :
la fleur de l’univers, ils voulaient la proscrire.

« Il ne chantera plus jamais l’ambre insurgé
de la sirène, il ne possède qu’un village. »
Mâchonnant leurs papiers, leurs éternels papiers
ils y recommandaient l’oubli pour ma guitare.

Moi je lance à leurs yeux la lance éblouissante
de notre amour qui cloue ton cœur avec le mien,
je réclame un jasmin tombé dans tes empreintes,

et perdu dans l’obscur, la nuit sous tes paupières
quand la neuve clarté vient pour m’envelopper
je renais à nouveau, maître de mes ténèbres.

Pablo NERUDA (1904-1973)
La Centaine d’amour (1959), Gallimard, 1995
Traduit de l’espagnol par Jean Marcenac et André Bonhomme

[Source : lecture personnelle]

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