UN JOUR, UN TEXTE # 1993

SAMEDI 19 OCTOBRE 2019

JE CROIS

Je crois à d’abrupts à-pics, à l’orage sur le lac
en 1949, aux vents glacés, aux piscines vides,
au sentier invisible menant à la rivière, à l’ail frais,
aux pneus usés, aux bars, aux saloons, aux tavernes,
aux litrons de vin rouge, aux fermes abandonnées,
aux massifs de lilas rabougris, aux culs-de-sac de routes
en gravillon, aux tas de broussailles, aux fourrés, aux filles
qui n’ont pas viré complètement barjot,
aux tourbillons, aux bateaux en bois qui fuient, à l’odeur
de l’huile de moteur usagée, aux rivières turbulentes,
aux lacs sans cottage perdu dans les bois,
aux primevères poussant dans un crâne de vache,
aux milliers d’oiseaux à qui toute ma vie j’ai parlé,
aux chiens qui m’ont répondu, aux corbeaux de
Chihuahua qui me suivent lors de longues marches.
Le serpent à sonnette fuyant l’eau froide du tuyau,
les dieux inconnus voltigeurs que je vois presque
à gauche de mon oeil aveugle, qui luttent pour leur vie
dans un monde qui les écrase sous sa botte.

Jim HARRISON (1937-2016)
À la recherche des petits dieux, 2009
Traduit de l’américain par Brice Matthieussent

[Texte découvert sur le site « beauty will save the world », voir le lien ci-dessous]
https://schabrieres.wordpress.com/2014/05/06/jim-harrison-je-crois-i-believe-2009/

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