UN JOUR, UN TEXTE # 2041

VENDREDI 6 DÉCEMBRE 2019

CANZONIERE – CXXXIII

Amour m’a exposé comme cible à la flèche,
Comme neige au soleil, comme cire au grand feu,
Et comme brume au vent ; et déjà je m’enroue,
Dame, à crier merci, et vous n’en avez cure.

De vos yeux est parti, hélas ! Le coup mortel
Contre quoi ne me vaut ni le temps ni le lieu ;
De vous seule procède, et ce vous semble un jeu,
Le soleil et le feu, le vent qui m’ont fait tels.

Les pensées sont des dards, le visage un soleil,
Le désir feu ; et c’est avec toutes ces armes
Qu’Amour me point, qu’il m’éblouit et me consume ;

Et l’angélique chant, ainsi que les paroles,
Le doux esprit dont je ne sais pas me garder,
Sont L’aure devant quoi ma vie s’en va fuyant.

Francesco PETRARCA dit PÉTRARQUE (1304-1374)
Canzoniere, Gallimard, 2018
Traduit de l’italien par René de Ceccaty

[Source : lecture personnelle]

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