UN JOUR, UN TEXTE # 2082

JEUDI 16 JANVIER 2020

IN MEMORIAM (II)

Ô vieil if, dont les bras étreignent mainte pierre,
Où des morts sous le sol couchés le nom se lit,
Leur tête sans un rêve a tes fibres pour lit,
Ta racine à leurs os s’enlace comme un lierre

Chaque printemps apporte aux champs les fleurs aimées,
Apporte au gai troupeau le tendre nouveau-né
Mais, sous ton noir abri, le battement rythmé,
Compte au cadran la fin de nos brèves années.

Tu n’as pas la splendeur de la fleur éphémère
Mais tes puissants rameaux ont aux vents résisté,
Et les rayons brùlants des soleils de l’été
N’envahirent jamais ton ombre séculaire.

Songeant à ta durée, ô vieil arbre morose,
Il semble que l’esprit soit prêt à défaillir,
Et que, hors de mon sang, mon être va jaillir,
Pour se mêler au tien, vie en ta vie enclose.

Alfred TENNYSON (1809-1892)
In Memoriam (1850), Hachette, 1898
Traduit de l’anglais par Léon Morel

[Source : lecture personnelle]

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